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Hiver 2013

Vers un traitement de l’alzheimer

Des chercheurs de la Faculté de médecine découvrent un moyen de combattre la formation de plaques séniles dans le cerveau.

Un pas important dans la lutte contre l’alz­heimer vient d’être franchi par une équipe formée de chercheurs de la Faculté de médecine et de l’entreprise pharmaceutique Glaxo­SmithKline. Dans une étude parue dans Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), ces chercheurs affirment avoir trouvé une façon de stimuler les mécanismes de dé-fense naturelle de l’organisme afin de mieux combattre l’une des principales manifestations de cette maladie, la formation de plaques séniles dans le cerveau. Réalisée sur un modèle animal par Serge Rivest et son équipe du Centre hospitalier universitaire de Québec, cette percée nous rapproche d’un traitement pour les personnes atteintes d’alzheimer et d’un vaccin pour prévenir cette maladie.

L’une des caractéristiques de la maladie d’Alzheimer est la production de bêta-amyloïde, une molécule toxique pour le cerveau. Les cellules de défense du corps humain ne parviennent pas à éliminer ce peptide qui forme alors des dépôts extracellulaires désignés sous le nom de plaques séniles. «Le problème n’est pas que ce peptide soit produit, mais qu’il ne soit pas éliminé», soutient Serge Rivest. Il existe un type de cellules immunitaires, appelées cellules microgliales, qui attaquent la bêta-amyloïde. «Leur action ne suffit toutefois pas à empêcher la formation de plaques, souligne-t-il. Nous cherchions depuis des années une façon d’augmenter leur efficacité.»

Survolter les cellules
Le défi consistait à mettre la main sur un composé qui survolterait les cellules microgliales sans causer de problèmes de toxicité. Après avoir testé 25 molécules, les chercheurs croient avoir trouvé la solution. Il s’agit du MPL que Glaxo­SmithKline utilise comme adjuvant dans ses vaccins, notamment celui contre le virus du papillome humain. Comme des millions de personnes ont déjà reçu un vaccin contenant cette molécule, l’innocuité de celle-ci ne fait pas de doute.

Chez des souris transgéniques exprimant les symptômes de l’alzheimer, une injection hebdomadaire de MPL pendant 12 se­maines éli­mine jusqu’à 80% des plaques séniles. De plus, les fonctions cognitives des souris, mesurées lors de tests d’apprentissage d’une tâche, sont significativement améliorées. Le MPL agirait sur deux plans, explique Serge Rivest. D’une part, il accroît la production des cellules souches sanguines qui donnent naissance aux cellules microgliales. D’autre part, il se fixe à la surface des cellules microgliales et augmente leur appétit pour la bêta-amyloïde.

Les chercheurs envisagent deux utilisations pour le MPL. La molécule pourrait être administrée par injection intramusculaire aux personnes souffrant déjà d’alzheimer afin de freiner la progression de la maladie. Le MPL pourrait aussi être intégré dans un vaccin administré aux personnes atteintes d’alzheimer pour stimuler leur immunité naturelle. «Le vaccin pourrait également être donné aux personnes qui ne sont pas encore malades, mais qui présentent des facteurs de risque», précise le chercheur.

Une évaluation clinique d’envergure, à la-quelle collaborera l’équipe de la Faculté de médecine, devrait être annoncée sous peu par GlaxoSmithKline. L’article paru dans PNAS est signé par Jean-Philippe Michaud, Antoine Lampron, Peter Thériault, Paul Préfontaine, Mohammed Filali, Serge Rivest et neuf chercheurs de GlaxoSmithKline.

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