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Photo de André Desrochers

L’échec des environnementalistes

Dans une édition récente du magazine Maclean’s4, on trouvait en gros plan le visage emblématique de David Suzuki et le titre Environmentalism has failed. Même son de cloche chez Harvey Mead, un pionnier du mouvement environnementaliste au Québec («les verts»), qui se vidait le cœur il y a un an dans son blogue. Je partage leur constat: le message des verts ne passe pas. Mais (êtes-vous vraiment surpris?) je ne suis pas entièrement d’accord avec leur explication de cet échec.

EnvironnementalistesPour situer le contexte, résumons d’abord les thèses de Suzuki et de Mead. Dans un texte teinté de désillusion, sinon d’amertume, David Suzuki affirmait que, malgré les innombrables petites victoires des environnementalistes depuis 50 ans, les humains sont demeurés incapables de hausser la cause environnementale au-delà d’un sujet parmi tant d’autres. Oui, l’«environnement» s’est taillé une place dans toutes sortes d’institutions publiques et privées, mais trop peu, trop tard selon notre hirsute activiste de la côte ouest. Obsédés par l’économie, les humains (dont le gouvernement Harper, bien sûr) seraient trop «anthropocentriques» et pas assez «biocentriques». Reprenant comme il se doit le mythe du bon sauvage, Suzuki souhaiterait une attitude plus holistique et spirituelle envers l’environnement.

Non moins amer, Harvey Mead estime que les petits gestes tant publicisés (recyclage, ampoules fluo, covoiturage, etc.) ne suffisent pas. Selon Mead et de nombreux autres, il faudrait une réelle révolution sociale, qui risque peu de se produire prochainement. Moins new age et plus incisif que Suzuki, Mead pointe du doigt la croissance économique, tabou que les verts ont été incapables de déboulonner auprès de la population en général.

Ces 2 environnementalistes de la première heure partagent donc un sévère constat d’échec, qu’ils attribuent à l’incapacité de nos élites à les avoir écoutés. Ils pointent avec raison de nombreux acteurs sociaux, mais en pointant d’un doigt, ils semblent oublier que 3 doigts pointent vers eux (essayez avec votre main). Ayant œuvré de l’intérieur, dont plusieurs années à l’UQCN (maintenant Nature Québec) et dans de nombreux groupes de pression, je suis à même de constater bon nombre de points faibles dans la démarche environnementaliste. C’est au sein du mouvement environnementaliste lui-même qu’il faut d’abord chercher les problèmes… et offrir des solutions.

Autoflagellation
Je conserve de précieux souvenirs de mon passage dans quelques organisations environnementalistes. C’est d’abord et avant tout par ces organisations que j’ai cultivé mon sens de la citoyenneté. Si je demeure un environnementaliste convaincu, je suis néanmoins devenu progressivement allergique au phénomène d’autoflagellation humaine fréquent dans ce milieu. Allant jusqu’à souhaiter ouvertement la disparition des  humains, de nombreux perroquets de Suzuki ne semblent pas réaliser la contradiction de leur propos. À quoi bon un environnement sain si on n’y est plus? Voulez-vous bien me dire quel est l’intérêt de NOUS faire disparaître? Est-ce un relent de culpabilité judéo-chrétienne, d’après-guerre, d’après-colonialisme?  Je ne sais pas trop à quoi attribuer ce masochisme, mais enfin, il existe bel et bien et s’en débarrasser une fois pour toutes serait une excellente étape dans le rétablissement du mouvement!

Plutôt que rejeter d’emblée toute appropriation de la nature par l’humain en torpillant comme il se doit la notion religieuse de domination (Genèse 1, 26), il faudrait plutôt revoir notre compréhension de cette domination comme une forme d’intendance. Voir la nature non pas comme une cafétéria de «tout compris» à Cuba, où il est correct de s’empiffrer dans une apparence d’abondance, ni comme un club privé auquel seuls les nantis ont accès, mais bien comme un bon restaurant de quartier où le menu est varié et nos choix éclairés par notre capacité de payer.

La calamythologie
Un autre écueil à l’essor du mouvement environnementaliste est cette obsession à présenter la planète comme un bac rempli d’ordures en putréfaction, prêtant le flanc à toutes sortes de calamités. Je suis las de ces médias5 qui se complaisent à présenter la planète comme un malade en phase terminale («il est minuit moins cinq», tout en se gardant bien sûr un petit «mais il n’est pas trop tard pour agir»).  Comme plusieurs environnementalistes et citoyens ordinaires, j’ai longtemps pensé que nous courrions à notre perte à la vitesse grand V. Mais je suis de plus en plus surpris de voir cette planète se moquer de nos scénarios catastrophistes. Lire les manchettes fatalistes des quotidiens des années 70 à ce sujet ou encore le toujours divertissant Paul «la fin du monde» Ehrlich est éclairant. Je ne suis pas seul, de nombreuses personnes qui se sont penchées sur les problèmes environnementaux pendant des années arrivent au même constat: la fin du monde tarde à se pointer. Crier au loup sans cesse, voilà une autre cause de la profonde indifférence de la population envers les environnementalistes.

L’environnement n’est pas à gauche
L’amalgame de la gauche et des verts est une autre faiblesse du mouvement, à mon humble avis. Un billet récent dans le Huffington Post Québec illustre bien l’idée: le «système actuel» serait à bannir, car fondamentalement antisocial et «écocidaire». Sans vraiment définir le «système» en question, le texte nous invite à croire qu’il s’agit des démocraties occidentales axées sur le néolibéralisme économique. S’il est de bon ton dans le Huffington Post de dénoncer les capitalistes, je crois qu’une telle dénonciation est nuisible au mouvement environnementaliste, car elle a pour effet d’aliéner des millions de personnes qui se plaisent bien dans ce «système» et qui ne voient pas la pertinence de le révolutionner.  Vivre dans un environnement sain et diversifié est un idéal pour tous, quelle que soit leur allégeance politique. Tant et aussi longtemps qu’on mélangera le populisme de gauche (Che Guevara, le capitalisme sauvage, Harper le méchant, etc.) avec la cause environnementale, on continuera de rebuter des tonnes de gens qui, pourtant, ont eux aussi l’environnement à cœur.

Les verts devraient élever leur cause à un niveau qui transcende le clivage gauche-droite. Dans une chronique récente6, l’hyperactif sociologue Mathieu Bock-Côté disait que, dans le projet souverainiste des Québécois, «il y a de la place pour à peu près tout le monde  (…). Pour la gauche social-démocrate et la droite conservatrice. Pour les socialistes et les néolibéraux. Pour les altermondialistes, les défenseurs de l’État-nation et pour les partisans d’une gouvernance globale».  Bon, le mouvement souverainiste n’est pas un bel exemple de succès direz-vous, mais s’il est passé près de la coupe aux lèvres en 1995, c’est bien parce qu’il ralliait des gens de tout le spectre gauche-droite.

Plus d’anthropocentrisme, M. Suzuki, pas moins!
Pourquoi la fondation Mira et les fondations liées aux autres parties du corps ont tant de succès? Parce qu’elles sont axées sur l’humain, bien sûr! Je crois que davantage d’anthropocentrisme, ou plus précisément d’humanisme, serait le remède à cette crise des verts, plutôt que sa cause. Au lieu d’opposer humain et nature, environnement et économie, les verts devraient, selon moi, présenter le «combat» environnemental comme un combat par et pour l’humanité. Non, ce ne sera pas facile, car cela demeurera un combat politique, au sens noble du terme. Pour commencer, on pourrait revoir et améliorer le concept de développement durable, qui a certes été récupéré par des gens qui ne semblent pas toujours avoir l’environnement à cœur, mais qui touche l’essentiel, soit le bien-être des humains.

4 25 novembre 2013

5 Si vous voulez un excellent exemple, consultez The Guardian, quotidien britannique fier de décennies d’annonces de la catastrophe.

6 Bock-Côté, M. (2013, 18 décembre). Bye bye Maria! Le journal de Montréal. [En ligne] http://blogues.journaldemontreal.com/bock-cote/politique/bye-bye-maria/

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  1. Publié le 1 mai 2014 | Par Frédérique Saucier

    Je partage cette vision et je travaille pour la protection de l'environnement. Je ne crois pas que la pensée traditionnelle va nous permettre d'améliorer notre sort de façon globale.

    Je pense qu'une société riche économiquement peut se permettre de s'offrir des mesures environnementales performantes qui profitent à l'ensemble de la société, donc je ne vois pas l'écologie et l'économie en opposition.
  2. Publié le 15 janvier 2014 | Par Rosalie Laframboise

    C'est intéressant!
    Monique
  3. Publié le 9 janvier 2014 | Par Pierre Racicot

    Je suis d'accord avec votre attitude dans la réponse que vous faites au catastrophisme. Merci.
    En Chine, un groupe universitaire est mandaté par le premier ministre pour réfléchir à la construction de la civilisation écologique. Le fondement matériel de cette civilisation reposerait sur l'économie circulaire, que le mouvement Villes et Régions Innovantes définit de la façon suivante: Mobilisation des collectivités vers l'atteinte de zéro déchet et zéro effet de serre. Les Chinois s'inspirent des pays industriels les plus avancés en matière de respect de la nature qui se sont donnés des lois pour l'implantation de l'économie circulaire ou l'équivalent. Ils s'inspirent de Kalundborg (1970) au Danemark, de l'Allemagne en 1994, de la Suède (1998), du Japon (2000), de la Chine (2009) et la France a créé en février 2013 l'Institut de l'économie circulaire avec comme mandat de formuler un projet de loi pour 2017. Et ces pays sont très actifs dans l'appui qu'ils offrent à la Chine pour l'implantation de projets d'économie circulaire. Notre modèle de civilisation industrielle fondée sur l'économie linéaire fondée sur le non-respect de la nature doit faire place à l'implantation et à l'émergence de l'économie circulaire qui constitue, pour l'instant, la meilleure solution pour la construction du développement durable et la civilisation écologique. Les Suédois ont démontré qu'il était possible de continuer à produire la richesse tout en diminuant l'empreinte écologique. Présentement, le gouvernement chinois finance un projet-pilote d'économie circulaire à Tianjin qui vise à construire un nouveau modèle d'urbanisation et d'industrialisation. Ce projet intègre une zone d'habitation, une zone industrielle et, entre les deux, une autre consacrée à l'agriculture et à la forêt. Mais tout cela est, pour l'instant, des réalités inconnues chez nous.
  4. Publié le 8 janvier 2014 | Par Normand

    L'esprit scientifique doit être basé sur un minimum de cohérence...

    Chez les défenseurs du dernier rapport du GIEC et des prédictions apocalyptiques, on entend systématiquement les deux affirmations suivantes dans une même entrevue:

    1. Neuf des dix dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées!
    2. Le réchauffement a pris une pause depuis une quinzaine d'années (plus précisément 16 selon Phil Jones du CRU)!

    Peu importe les diplômes et titres de cet «expert», je peux lui affirmer qu'il devrait vérifier ses données, car MINIMALEMENT une des deux affirmations doit être fausse. Et après ça, ils accusent ceux qu'ils ont baptisé «Climato-Sceptiques» (comme si on pouvait être sceptiques sur les variations du climat) de tomber dans la «Junk Science».
  5. Publié le 8 janvier 2014 | Par Pierre Racine

    Cette idée, à la Mathieu Bock-Côté, que la souveraineté n’appartient pas qu’à la gauche et votre version environnementale qui dit que la protection de l’environnement est aussi de l’intérêt des gens de droite ne tiennent malheureusement pas beaucoup la route (comme bien des choses épanchées par MBC qui aurait mieux fait, par ailleurs, de verser dans le théâtre).

    Il vous faudra travailler beaucoup plus fort pour me convaincre que la droite de Stephen Harper a l’environnement à cœur. Les exemples de coupe de ce gouvernement dans les budgets sensés mettre un peu d’ordre dans la gestion environnement font évidemment preuve du contraire. Ce n’est pas parce que VOUS avez des idées de droite et que VOUS avez à cœur la protection de l’environnement (comme MBC est à droite mais est souverainiste) que VOUS êtes représentatif de la droite. Vous devrez malheureusement vivre avec vos propres contradictions.

    Si c’est la gauche qui se préoccupe de l’environnement, c’est justement parce qu’elle est seule à se préoccuper de l’humain (pas seulement de ses petits amis), qu’il soit pauvre, malade, désirant s’éduquer ou vivre dans un environnement sain. Elle est prête à modérer le «développement économique» au profit du «développement de l’Homme» et elle a compris que les deux ne font pas nécessairement bon ménage. On ne peut à la fois laisser le champ libre à l’industrie et prétendre avoir un discours environnemental. Qui dit économie forte, dit industrie forte, dit moins de barrières au développement économique, dit moins de règles environnementales. L’équation est quasi mathématique et facile à observer. Si on veut protéger l’environnement, il faut faire des compromis sur le développement sans fin. Point!

    Si la droite québécoise est souverainiste et la droite canadienne écologique et bien on attend encore leurs belles propositions souverainistes et pour la protection de l’environnement! Pour l’instant, il n’y a que néant et seulement un discours pseudo-économique. Car on sait bien que l’association droite-économie est le mythe qu’on aime bien nous ressasser et nous faire croire. Belle religion qui est totalement dépourvue d’évidences scientifiques (lire économiques). La seule économie que la droite fait est sur le dos des pauvres, des malades, des étudiants et des environnementalistes pour mieux la redonner aux industriels, aux militaires et à leurs petits amis. Bilan économique: nul! La droite dit que l’État devrait intervenir le moins possible dans l’économie, mais dès que l’économie va bien c’est grâce à leur intervention! Quelle merveilleuse contradiction!

    À la prochaine!
  6. Publié le 7 janvier 2014 | Par André Desrochers

    Bonjour @sb,
    Merci de donner l'heure juste. J'ose tout de même penser que malgré toutes les souffrances bien réelles, l'Humanité, pauvres inclus, n'a pas vécu d'apocalypse aux dernières nouvelles. En ce qui concerne les pauvres d'ailleurs, selon la Banque Mondiale (communiqué de presse du 17 avril 2013), leur nombre «a diminué de façon spectaculaire au cours des trois dernières décennies, de la moitié des citoyens du monde en développement en 1981 à 21% en 2010, malgré une augmentation de 59% de la population de pays en développement».
    Voici deux ouvrages qui pourraient mettre un peu de soleil dans votre vision:
    1) Ridley, M. (2010). The Rational Optimist.Harper-Collins, UK.
    2) et un peu moins à propos mais tout de même: Pinker, S. (2011) The Better Angels of Our Nature: Why Violence Has Declined. Allen Lane, UK.

    Au plaisir.
  7. Publié le 7 janvier 2014 | Par sb

    «Mais je suis de plus en plus surpris de voir cette planète se moquer de nos scénarios catastrophistes», dites-vous, en ajoutant que «la fin du monde tarde à se pointer», et en raillant ceux qui disent qu'il est minuit moins cinq.

    Pour ma part, je pense que les scénarios catastrophistes, non seulement se pointent, mais sont depuis plusieurs décennies déjà en plein déroulement à de nombreux endroits sur la planète, et que les premières victimes en sont les humains eux-mêmes... les plus pauvres bien entendu, ceux qui ne peuvent aspirer à cet «idéal pour tous de vivre dans un environnement sain et diversifié», comme vous le dites.

    Pour eux, il n'est pas minuit moins cinq. Il est plutôt genre minuit et demi.
  8. Publié le 7 janvier 2014 | Par André Desrochers

    Bonjour @Harvey
    Merci de tes commentaires et de la publicité de ton œuvre qui mérite sans doute d'être lue. Juste pour être clair et bref, au risque d'être «réducteur», ce billet ne portait pas sur toi mais sur les environnementalistes et leurs méthodes. Et bien sûr, malgré leurs points communs, il faut encore une fois préciser que les environnementalistes ne sont pas un monolithe culturel. Il s'agit d'une population d'individus aux approches fort variées, dont toi et moi font partie.
    Au plaisir.
  9. Publié le 7 janvier 2014 | Par Harvey Mead

    André est plutôt fast and loose dans ses propos. Ses commentaires sur Suzuki sont extrêmement réducteurs et ne correspondent pas à ce que j’ai vu de ses écrits, de ses discours, de ses entrevues. Quant à mon article cité au début, qui vient directement de moi plutôt que de journalistes et qui comporte une longue analyse en quatre textes de soutien, André en parle à peine. Il résume mon positionnement comme en étant un d’amertume, de masochisme et d’autoflagellation (voir «Est-il trop tard? L’optimisme opérationnel») par lequel je me «vide le cœur» dans des dizaines de pages d’analyse que je pensais plutôt objectives, même si faillibles (voir «Échec du mouvement environnemental»). Suis-je associé (et Suzuki? et le mouvement environnemental?) à l’idée de «rejeter d’emblée toute appropriation de la nature par l’humain»? Come on!

    Quant à la calamythologie, les propos sont tellement généraux qu’il n’y a rien à dire sauf référer à mes textes (apparemment incisifs, mais nulle part utilisés par André) pour démontrer que je ne joue pas dans une telle plate-bande. C’est clair que de me décrire comme «catastrophiste» (voir «Mouches» et «Catastrophiste») ouvre la porte à la critique facile, mais voilà justement l’origine de ma décision de créer un blogue, et André ne semble pas avoir le temps de le lire beaucoup, ses propos indiquant une bibliographie pas mal loin de la mienne et plutôt émotive.

    André propose aux environnementalistes (je suis un ex-) de corriger leur approche (voir «Célébrons le Jour de la Terre?») en mettant davantage l’accent sur un humanisme, sur «un combat par et pour l’humanité», apparemment manquant dans leurs interventions (voir «L’échec du mouvement sociale et la nécessaire transition sociale de la société»). En fait, André rejette le constat d’échec dans les faits, celui de Suzuki et le mien, par exemple. Il propose une toute autre affaire que je lui laisse, constatant que les élites n’écout(ai)ent pas en raison des faiblesses du message, et qu’il faut corriger ce dernier.

    En ce sens, il suggère de revoir et d'améliorer le concept de développement durable, sans noter qu’il faut plutot revoir le concept de développement, pour voir ce qu’il est possible de faire. Je viens de relire des parties du rapport Brundtland en préparation d’un article présentant le rapport, et je constate encore que les «environnementalistes» qui l’utilisent comme référence depuis 25 ans avaient pas mal raison de le suivre. Doit-on croire qu’il pense que Brundltand a manqué d’humanisme?

    André rejette les constats des scientifiques et dénigre ceux qui s’y fient en les traitant de calamythologues - le mouvement environnemental qui crie au loup. C’est bien son droit de les rejeter (juste une partie, il dirait, mais laquelle?), mais son portrait de la situation, le dénigrement, est une caricature. Il conseille de ne pas critiquer le néolibéralisme, de rejeter les liens avec la gauche (Brundtland?), parce que cela aliène beaucoup de monde... Avec de telles orientations, le mouvement environnemental n’aurait même pas eu besoin d’exister.

    C’est l’objectif de mon blogue que de nous positionner dans une période «post-Brundtland» (voir «Développement durable, trop tard») en fonction de ce que je crois avoir appris de mes interventions depuis près de 50 ans. Le sujet, le défi, le débat sont importants, mais cet article d’André ne les avance pas
  10. Publié le 7 janvier 2014 | Par André Desrochers

    Merci de vos commentaires,
    Mes arguments sont «personnalisés» dans la mesure qu'ils sont les miens... Quant aux scientifiques, bien sûr ils ont droit à leur opinion, en espérant qu'ils ne laissent pas leur agenda politique corrompre la qualité de la science qu'ils pratiquent. Je ne partage pas votre interprétation sur la le lien de cause à effet entre le capitalisme et la destruction de la planète. À production de biens et services égaux, croyez-vous que les états socialistes ou communistes ont pollué moins que ceux guidés par le Capital? J'aurais tendance à penser le contraire, en fait, mais j'avoue ne pas avoir de données.
  11. Publié le 7 janvier 2014 | Par Stephane Gingras

    M. Desrochers,

    Ça fait plus de trente ans que je milite en environnement au Québec, au Canada et dans le monde. Je ne vous ai jamais rencontré... À mon humble avis, vos arguments sont un peu trop personnalisés, exemple: «Ces 2 environnementalistes de la première heure partagent donc un sévère constat d’échec, qu’ils attribuent à l’incapacité de nos élites à les avoir écoutés». Je pense que M. Suzuki et M. Mead insinuent que les décideurs auraient dû être plus attentifs aux enjeux environnementaux. Malheureusement, le constat d'échec que font ces deux personnalités du monde écologique est partagé et soutenu par une bonne partie du monde scientifique... Maintenant si vous voulez continuer de jouer à l'autruche, c'est votre affaire! La société humaine et surtout occidentale capitaliste est responsable des niveaux de destruction de la planète (biosphère) jamais égalés dans l'histoire.
    Hey oui malheureusement, il faut remettre en question les fondements du système capitaliste qui se base sur une croissance infinie sur une planète qui, elle, nous offre des ressources naturelles qui sont finies dans le temps. La crise écologique que nous vivons est liée au mode de vie que nous avons adopté qui est basé sur une consommation effrénée et sur un matérialisme impudent. Si on veut avancer et effectuer les changements de comportements nécessaires, il faut malheureusement remettre en question ce système qui exploite la nature et les être humains... Mais peut-être que remettre en question votre confort matériel vous apeure!
    Je terminerai avec votre dernier paragraphe... Vous réclamez plus d'anthropocentrisme, alors qu'il est clair à mon esprit que l'anthropocentrisme est la racine même du problème qui nous occupe, soit la crise écologique. Cette vision du monde où l'être humain est le centre de l'univers est une vison erronée nourrie par la société de consommation. Malheureusement pour vous et pour nous, nous sommes extrêmement dépendants de cette biosphère qui nous nourrit, nous permet de respirer et de vivre chaque jour. Quand vous aurez compris à quel point nous sommes dépendants vous aurez compris que l'être humain n'est pas le centre de l'univers M. Desrochers !
  12. Publié le 7 janvier 2014 | Par André Desrochers

    Bonjour @Éric,
    Merci des bons mots et pour cette excellente idée. J'y reviendrai sûrement!
  13. Publié le 7 janvier 2014 | Par Éric

    Bonjour André,

    J'adore ton blog et ton pragmatisme, j'aimerais te proposer un sujet qui me chicotte royalement et qui fait partie des dogmes environnementaux: le recyclage.

    S'agit-il d'une autre religion ou est-ce la voie de l'avenir. En environnement, il y a le concept des 3 R, réduire, réutiliser et recycler. Il semble qu'au Québec on ait oublié les 2 premiers au bénéfice d'une industrie grandement alimentée par nos taxes... J'aimerais entendre ton point de vue.

    Ciao

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